Place du 8 mai

11. 09. 2018 Châteldon

Lundi soir au bord du Vauziron, depuis la place du 8 mai.

J’aurai voulu monter – c’est une manie de vouloir toujours aller plus haut ?! – marcher dans les hauteurs de Châteldon mais il était déjà tard et la lumière baisse de plus en plus.

J’ai donc fait un tour, et suis revenue à quelques pas de l’ancienne Pharmacie où je loge en résidence. J’avais déjà noté que je dessinerai cet autre côté du petit ruisseau qui parcours le bourg. Auparavant il était grillagé et assez mal entretenu. Le maire a fait venir un architecte et paysagiste de Paris pour repenser les contours de ce cours d’eau. Ils ont enlevé les barrières (je défie quiconque veut se jeter pour mourir dans ce torrent… !) et revu le tout pour en faire une promenade aussi tranquille que champêtre. La nature, assez variée, semble s’y plaire et se déployer allègrement, les grenouilles, limaces, menu fretins et moustiques s’y repaître. C’est une balade que beaucoup d’habitants d’ici empruntent matin et soir. Pour se promener, courir, aller à l’école qui se trouve au bout, apprendre à marcher ou faire du vélo, emmener se dégourdir leurs compagnons à poils longs courts ou frisés…

Tout ce vert que je décide bleu, je le regarde autant que je l’aime : profondément. C’est le mouvement perpétuel, l’éphémère qui est pourtant planté là, ancré dans ce sol humide et fertile.

Et ce feuillage qui reste toujours un mystère à retranscrire… Il y a tant de choix à faire pour décider de sa consistance, de sa légèreté aussi. J’ai envie de lui donner du poids mais l’équilibre d’un dessin est toujours fragile. Les allers retours d’un élément ou d’un groupe à un autre sont si importants pour ne pas tout d’un coup faire basculer l’attention vers autre chose que son intention de départ.

Et savoir s’arrêter à temps, tant que possible.

Joie supplémentaire à la touche finale que je posais sur mon dessin, je retrouvais au même endroit Caroline Dalet qui me prêtait son magnifique vélo électrique, fidèle destrier reçu pour ses 40 ans, afin de pallier à mon manque de moyen de locomotion.

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